54.0

A l'heure où je vous parle - 13 h 58 un vendredi 31 octobre - mon tableau a dépassé les 200 euros sur Ebay.
Ce qui n'est pas sans m'effrayer un peu, mais plus que jamais depuis mon vernissage, le châssis m'échappe désormais.
Et dès le début, j'avais prévenu : mon tableau, je le vendrai.
Alors voilà : c'est le moment d'expliquer pourquoi.
54.1

Il me semblait important, et ce depuis que j'ai pris la décision de me lancer dans ce projet, d'aller jusqu'au bout du trajet d'un tableau d'art contemporain du XXIème siècle (non, ça n'est pas un pléonasme !).
Je veux dire, le trajet le plus banal.
C'est quand même un sacré échec des grands révolutionnaires, ça. Les Duchamp, Warhol et alii, et bien c'étaient des capitalistes dignes de la Coca-Cola company. Ils n'ont pas du tout mis à plat le marché, au contraire, ils se sont engouffrés dedans.
C'est une évidence ? Mais ces gens-là ont tellement réflechi à l'art, tellement remis tout en cause qu'il est tout de même étonnant qu'ils n'aient pas été du tout contre la loi du marché !
Aujourd'hui les oeuvres qui ne se vendent pas - comme celles du street art - sont marginales, et même nombreux parmi ceux qui en sont les auteurs finissent par produire des ticheurtes, des meugues, des basquettes, signer un contrat avec une entreprise ou une collectivité.
En 2008, artiste, c'est encore la plupart du temps un métier.
54.2

Je vais vous dire : c'est quelque chose que je n'aime pas. Je vous redis même : c'est un gros échec des artistes du XXème siècle d'avoir tout réinventé, sauf le capitalisme dans l'art.
Ils se sont juste adaptés : les sérigraphies, les ventes parallèles comme aujourd'hui sur Internet, les produits dérivés.
Bof.
Et bref : aller jusqu'au bout, c'était aussi rentrer là-dedans.
54.3

J'ai donc "fait comme", mais à la manière de GuillaumeEstUnArtiste :
à mon petit niveau, et sur Internet.
Désormais c'est à vous de jouer !
;)


