32.0

D'après les échos que vous avez bien voulu me faire parvenir, chers lecteurs, vous aviez bien aimé que je vous fasse découvrir les artistes que j'apprécie (souvenez-vous, c'était ici).

 

Moi aussi, j'avais bien aimé.

 

Aussi, en attendant de vous parler à nouveau du projet, qui, rassurez-vous, avance particulièrement bien, je vous invite à y ouvrir une nouvelle parenthèse.

 

Je veux ici vous faire voir quelques oeuvres de quatre artistes que j'ai découvert au cours de mes lectures pour alimenter mon projet. Ils sont, et je l'ignorais jusque là, des références de l'art contemporain du XXème siècle. Trois d'entre eux sont Américains*.

 

*Ou Etats-uniens ?

32.1

Honneur au plus vendable : l'une de ses toiles a été adjugée à dix-sept millions de dollars, en 1988, ce qui a fait date et ce qui continue de faire beaucoup d'argent, quand même.

Il s'appelle Jasper Johns, et "il est vrai qu'il est d'abord un grand artiste", se sent obligée de préciser Catherine Millet dans son excellent petit livre L'Art contemporain, histoire et géographie.

 

(cliquez sur les images pour les agrandir)

 

Johns, qui est encore vivant (il est né en 1930), est considéré comme le père du pop art, qui est la tentative révolutionnaire de faire entrer la vie dans l'art.

D'après le site ArtCyclopedia, aucune de ses toiles n'est visible en France.

 

Dernière minute : Robert Rauschenberg, l'autre papa du pop art, vient de mourir (dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 mai 2008). Vous pouvez lire ici un article de 1968 paru dans L'Express et relatant une expo du monsieur à Paris.

32.2

Antonio Saura aussi est né en 1930, mais lui, il est mort, en 1998. Et il était Espagnol. Il fait partie de ce que l'on appelle la génération post-Picasso.

On dit de lui que c'est un peintre surréaliste. Ce que je ne comprends pas très bien : que son compatriote Dali soit considéré comme surréaliste, soit, mais je ne vois pas très bien en quoi Saura l'est...

Enfin, laissons-là les qualifications absurdes. L'important, c'est qu'il a réalisé des peintures saisissantes et la plupart du temps, noires.

Le dernier tableau, là sur la droite, s'appelle La Gourmandise.

32.3

Celui-là, c'est Sol LeWitt.

J'aime beaucoup ce type-là, et d'abord à cause de son nom. Comment peut-on s'appeler Sol ? Avec ce "LeWitt" et sa capitale au w, cela fait un ensemble
prénom-nom qui me charme absolument. Il me semble qu'il était destiné à fabriquer des choses bizarres et rigolotes.

Pour les aficionados des classements, il est considéré comme un minimaliste.

Pour ceux des chiffres (j'en connais), il est né le 9 septembre 1928 et mort le 8 avril 2007.

 

J'adore le premier tableau de ceux que je vous propose.

32.4

"Barnett Newman, un des très grands peintres du XXème siecle, est l'un des derniers à s'être préoccupé de la notion de sublime" (encore Catherine Millet).

Les personnes parmi les lecteurs qui me connaissent un peu savent que cela (le sublime, pas le fait que Millet le classe parmi les grands peintres) ne pouvait que me séduire.

Vir Heroicus Sublimis, Museum of Modern Art, New York. Vir Heroicus Sublimis, Museum of Modern Art, New York.

Barnett Newman est mort en 1970. Il appartient au mouvement de l'expressionnisme abstrait - comme Hartung.

Son truc, c'est de casser la toile par des bandes verticales de vide (ou de non-peinture ?), comme ici dans les trois premiers exemples. Ces bandes, il les appelles des "zips", et fonde beaucoup de sa philosophie sur leur manière d'agir sur le tableau.

 

Allez, une citation de Barnett, pour finir :

 

« Quand vous êtes dans votre atelier, vous êtes en train de faire la plus belle oeuvre qui ait jamais été peinte. Pas la plus belle oeuvre que vous puissiez faire : la plus belle qui ait été peinte. »

 

Vous avez remarqué ? Cet homme là parle du beau !