18.0
Voilà, c'est en ce moment.
J'imaginais bien qu'il allait arriver, je pensais même qu'il viendrait plus tôt.
Le doute est là, ça y est.
Mais pourquoi donc je me suis lancé dans une telle aventure ?
J'ai, dans ma chambre, un châssis que je viens de recouvrir de peinture blanche. A quoi ça sert ?
Dès le début de mon projet, je savais que la principale difficulté à laquelle j'aurais à me confronter, c'est la conscience de sa complète inutilité.
18.1

D'autant que plus le projet avance, plus il se concrétise, et plus je me rends compte qu'il sera compliqué de faire quelque chose de mon châssis blanc.
J'ai acquis une petite base théorique qui m'aide beaucoup à comprendre l'art des artistes d'aujourd'hui, mais alors pour la technique, rien du tout. Savoir-faire, zéro.
J'ai bien des idées pour le tartiner, ce chiasseux châssis, mais elles sont autant de solutions pour échapper à une vraie composition esthétique du tableau, autant de pirouettes.
18.2

Bon, alors, quand même : j'ai du temps devant moi.
Mon tableau, je me suis donné jusqu'au 4 décembre de cette année pour en voir le bout.
Il va donc falloir que je quitte un peu les livres et que je commence, en vrai, à m'exercer au pinceau (sur l'image, c'est Pollock qui fait la démonstration de comment, lui, s'exerçait au pinceau - et au pot de peinture).
Je dois désormais prendre un crayon de bois, un cahier de brouillon, et remplir des pages et des pages de gribouillis. Et qui sait, l'eurhythmie* surgira-t-elle ?
Au boulot (enfin ?).
* Je ne vais pas vous redonner la signification de ce mot. Si vous suivez attentivement ce blog, eurhythmie fait aujourd'hui partie de votre vocabulaire courant. Non mais dites donc.

