14.0

Ben : Est-ce bien de l'art ?Ben : Est-ce bien de l'art ?

Depuis un siècle, les artistes se sont ingéniés à tout détruire.

 

Ils ont mis à terre, dans l'ordre :

- la figuration

- la peinture

- l'oeuvre

- le musée

- l'artiste

- l'art.

 

 

Aujourd'hui il ne reste rien de bien solide sur quoi construire.

 

D'autant que je suis persuadé que ces artistes révolutionnaires ont échoué.

L'utopie de croire qu'ils ont pu rapprocher l'art de la vie, ou la vie de l'art, qu'ils ont pu détruire aussi les barrières existantes entre le monde des arts plastiques et le quotidien, c'est une foutaise.

14.1

Joël Ducorroy : Objet de muséeJoël Ducorroy : Objet de musée

On voit bien que la majorité des gens n'en ont rien à faire, de l'art. Pire : la plupart considère qu'il appartient à une petite frange d'initiés, qui s'amusent dans leur coin, et qui coûtent de l'argent au contribuable.

 

L'art moderne est devenu une blague qu'on se raconte à la fin des repas. Il faut bien dire que les oeuvres d'aujourd'hui sont souvent insaisissables par le commun. Qu'elles nécessitent des pages et des pages d'explications. Qu'elles tournent dans un cercle relativement fermé d'initiés. Qu'elles franchissent rarement les portes des galeries spécialisées. A moins de faire l'objet de cartes postales.

14.2

Parce qu'il y a bien un domaine dont les artistes d'aujourd'hui ne se sont finalement pas affranchis, et c'est... le monde de l'art. 

Si bien qu'on a souvent l'impression que les oeuvres tournent à vide dans un monde autophage, comme dit quelqu'un que je connais bien.

 

Si les artistes, depuis cent ans, ont rompu toutes leurs amarres, tous sont rattrapés par une certaine loi de l'offre et de la demande.

Et si l'art est aujourd'hui particulièrement déconnecté du goût du public, il se vend en revanche très bien.

 

En outre, il faut voir le débat qui règne aujourd'hui en France, et qui est assez représentatif d'un état d'esprit général : après la publication, dans le Times, d'un dossier consacré à "la mort de la culture française", les décideurs et les artistes français se sont rebellés : mais oui, l'art français existe ! Certes, l'art allemand, anglais ou évidemment américain se vend mieux, mais la France compte beaucoup d'artistes importants.

 

Est-ce cela, la leçon que nous ont délivrée les révolutionnaires du XXème siècle ? Est-il franchement pertinent de parler d'art français ?

Même, dans une expo vue récemment, j'ai entendu parler d'école belge... D'où vient cette volonté d'exister nationalement dans un marché ? Comment en est-on revenu à ces conceptions très dix-neuvièmistes ?

 

Je ne m'étonne pas que l'art soit devenu, pour beaucoup, quelque chose comme du n'importe quoi.